Arsenal Ladies, chronique d’un échec inattendu

Comme le disait si bien Reynald Denoueix. « Un joueur a un prix, un autre joueur a un prix, mais la relation entre deux joueurs n’a pas de prix. »  Je pense qu’il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour trouver les raisons des problèmes actuels  des Arsenal Ladies.

Une simple lecture de l’effectif du moment  en comparaison de l’effectif des années précédentes permet de comprendre les difficultés au niveau du jeu des Gunners. On peut  noter un effectif déséquilibré à certains postes avec aucune ailière droit de métier alors que d’autres postes sont triples ou quadruples. La saignée de l’intersaison et le remplacement par des joueuses de qualités très hétérogènes est l’une des raisons principales de l’échec cette saison de Shelley Kerr.

Alors qu’en 2013 son impact a son arrivée au club avait été très limitée Arrivées de Rebecca Spencer, départs de Julie Fleeting, Hayley Ladd et Kirsty Linnett., Elle a commencé à mettre son imprimatur lors de la 1ere partie de saison avec l’exclusion du club de la capitaine déchue Jayne Ludlow, suivi des départs lors du mercato d’été de Jennifer Beattie à Montpellier et Rebecca Spencer à Birmingham. Au niveau des arrivées, Emma Mitchell et Caroline Weir 2 joueuses Ecossaises sont venues compléter l’effectif ainsi que Cherie Rowlands venue en prêt pour dépanner dans les buts.

Il n’y a aucun doute que le club devait reconstruire et préparer l’avenir puisque certaines joueuses étaient en fin de carrière et donc devait être remplacées. La logique aurait voulu que ces quelques joueuses quittent l’équipe, que les meilleures jeunes de la réserve et des U17 soient intégrées et que des signatures soient enregistrées tout en gardant l’ossature du groupe en particulier les joueuses de 20 à 30 ans. Apres tout, une équipe qui gagne les 2 coupes domestique et fini 3eme du championnat, et aurait dû finir 2eme sans le retrait de 3 points pour une erreur administrative, ne devait pas être si mauvaise que cela ? Et à la surprise générale, le mercato d’hiver a été très très mouvementé :

Départs de Lauren Bruton, Kim Little Stephanie Houghton, Gemma Davison, Ellen White, Katie Chapman, Gilly Flaherty, Sophie Harris, Cherie Rowlands Ciara Grant, Yvonne Tracy , Comme prévu les joueuses les plus anciennes ont cédé la place, mais également les joueuses dans la force de l’âge et celles qui allaient arriver à maturité dans les 2 ou 3 saisons à venir.

On est donc passe d’une saison de transition avec intégration en douceur de nouvelles joueuses à une saison de reconstruction complète. Les joueuses suivantes sont arrivées Siobhan Chamberlain, Casey Stoney, Anouk Hoogendijk, Christie Murray, Yukari Kinga Shinobu Ohno, sans oublier les jeunes montées de la réserve Freda Ayisi, Jade Bailey et la capitaine des U17 anglaises Leah Williamson. Et le retour de deux blessées Kelly Smith et Niamh Fahey.

Sans aucun doute reconstruire une équipe à 60% prend du temps. Le plus frappant lors de cette saison était la difficulté à créer du jeu. Pas de fausses pistes, appels, contre appels, la coordination entre joueuses très incertaine car elles apprenaient à jouer ensemble. Cette équipe d’Arsenal avait créé des liens entre joueuses qui étaient la depuis, 3,5 10 ou 12 ans dans le club. Ces liens étaient comme des liaisons covalentes pour les atomes. Ils formaient le socle du jeu de l’équipe. Il y avait un circuit préférentiel simple et défini qui utilisait l’axe et les 2 ailes en alternance. A la place de ce système bien organise, on a eu droit particulièrement en début de saison a une bouillie de jeu, une sorte de purée avec des joueuses sans repères qui ne se trouvent pas sur le terrain. Des joueuses qui ne jouent pas à leur place de prédilection puisque certains postes sont déjà occupés par des titulaires indiscutables. On se retrouve avec des joueuses baladées de poste en poste avec des niveaux de performance individuelles très moyennes voire faible, et des cadres absent pour blessure (Nobbs) ou esseulées (Smith, Scott, Byrne, Yankey) pour relancer la machine. Quant aux nouvelles joueuses arrivant de l’étranger, le temps d’adaptation normal quand on arrive dans un nouveau championnat n’a pas été facilité par cette reconstruction d’équipe.

Tous ces paramètres mis bout à bouts expliquent la descente aux enfers et le début de championnat rate par les Gunners avec 1 point récolte en 4 matchs et une série en cours de 4 défaites consécutives sans marquer un seul but. Seul le parcours en FA Cup a échappé au naufrage avec des victoires contre une D3 Gillingham et 2 victoires à l’extérieur contre Birmingham et Chelsea (5-3 après prolongation).

La pression des supporters commençait à se faire sentir sur les réseaux sociaux et au stade, mais avec la trêve approchant et 10 matchs de championnat à jouer sur 14, il n’y avait pas de grande urgence à partir pour le coach. En particulier si les joueuses adhéraient toujours à son projet ce qui semble être le cas.

Un recrutement qualitatif de qualité de 2 joueuses à certains postes comme arrière centrale et ailière droit aurait permis de relancer la machine et de finir ce projet de reconstruction lancé par Shelley Kerr. Sa démission laisse le club a la croisée des chemins et avec un choix important à faire pour le management : promotion interne pour faire dans la continuité ou arrivée extérieure d’un(e) coach qui reconstruira sur la reconstruction ?

Published by Sylvain

women's football fan since 1998

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